Imprimerie B. Sirven (Toulouse, 1834) : l’histoire d’une dynastie d’imprimeurs à travers ses titres anciens

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Une dynastie toulousaine de l’imprimerie, entre lithographie et Belle Époque

À Toulouse, rue de la Colombette, un nom résonne encore dans la mémoire des collectionneurs de scripophilie : Sirven. Fondée en 1834 par Bernard Sirven (1813-1886), l’entreprise s’impose d’abord dans la lithographie, avant de diversifier ses activités vers la reliure, le brochage, le cartonnage et la fourniture de matériel scolaire et de bureau. La société possède même sa propre cartonnerie.

C’est sous cette impulsion que l’imprimerie produit certaines des plus belles affiches publicitaires de la Belle Époque, dont plusieurs sont illustrées par Alphonse Mucha, maître incontesté de l’Art nouveau. Posséder un titre Sirven, c’est ainsi détenir un fragment de cette effervescence graphique qui a marqué le tournant du XXe siècle.

Joseph Sirven, maire de Toulouse et acteur de la naissance de la Dépêche du Midi

Le fils du fondateur, Joseph Sirven (1835-1905), reprend l’entreprise familiale. Personnage public, il devient maire de Toulouse de 1884 à 1888. Mais c’est un épisode antérieur qui inscrit véritablement le nom des Sirven dans l’histoire de la presse française : pendant la guerre franco-allemande de 1870, Joseph et son frère Joseph-François font tourner les presses de l’imprimerie pour publier les dépêches du front, permettant ainsi aux épouses de soldats de suivre les nouvelles de leurs proches. Cette initiative est considérée comme l’acte de naissance du journal La Dépêche du Midi, aujourd’hui l’un des plus grands quotidiens régionaux de France.

Gaston Sirven et la naissance d’un empire : les cachous Lajaunie

L’histoire prend un tournant inattendu avec Gaston Sirven (1895-1957), petit-fils de Joseph et fils d’Henri (1863-1918). En 1904, il obtient de Léon Lajaunie les droits d’exploitation d’une petite pastille réglissée destinée à combattre la mauvaise haleine : le cachou Lajaunie. Sous l’impulsion des Sirven, la fabrication de boîtes métalliques devient une activité à part entière de l’entreprise, et le cachou Lajaunie s’impose comme un incontournable de l’épicerie française, un statut qu’il conserve encore aujourd’hui.

Le fils de Gaston, Alfred Sirven, né en 1927, se tournera ensuite vers d’autres activités, marquant la fin progressive de l’aventure industrielle familiale dans l’imprimerie.

Des titres à la valeur artistique rare : la signature Luigi Loir

Sur le plan de la scripophilie, ce qui distingue les certificats de la Société Anonyme B. Sirven, c’est leur qualité graphique exceptionnelle. Les titres sont ornés d’un décor signé Luigi Loir, peintre reconnu pour ses scènes parisiennes et son sens du détail. Une série a même été imprimée en couleur, une rareté dans le monde des titres anciens français, où le noir et blanc domine largement.

Ces éléments : histoire familiale, lien avec un journal toujours actif, connexion avec une marque de confiserie centenaire, et illustration de qualité, font de l’imprimerie Sirven l’une des sociétés les plus recherchées par les collectionneurs s’intéressant à la région toulousaine et au secteur de l’imprimerie/presse.

Imprimerie Sirven

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